jean-marc savary éditeur

3-SOMETHING - Mans de BREISH

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3-SOMETHING - Mans de BREISH

Une chanson, pas plus. Qui n’a jamais associé un souvenir à une quelconque chanson ? Il s’allume soudain comme une vieille chandelle, tout doucement puis éclaire tout l’espace de la pensée. Une danse sur cet air, dans une chambre d’adolescent, au son d’un vieil électrophone. On la serre de près, du plus près que la décence ne le permet, et on sent, pour la première fois, le parfum troublant de la femme en devenir et de l’amour y afférant.


Extrait :


C’est par le plus grand des hasards que je suis descendu vers Albert dock. Pour revoir la Mersey charriant mollement ses bateaux industrieux dans un clapotis malsain.  Les docks de la rive droite ont été transformés en lieux culturels malgré quelques bassins qui réceptionnent quelques navires de faible tonnage mais en face, rive gauche, subsistent les hideuses constructions industrielles qui servent encore à réceptionner les produits venus du monde entier. Le fleuve s’ouvre comme un entonnoir sur le monde, sur l’Amérique. Les marins de retour du Nouveau Monde rapportèrent jadis une drôle de musique : le rock.   La Mersey a fait rêver toute une génération de musiciens. On y a vu le berceau d’une nouvelle musique, d’un nouveau mode de vie, d’une révolte contre l’ordre établi, puis le temps, le terrible temps a tout remis à plat. Comme si un lieu pouvait engendrer à profusion des artistes et des philosophies nouvelles sous prétexte que certains venaient de là. Les lieux ne peuvent rien ce sont leurs habitants qui font les lieux mythiques.

 Je continue donc ma promenade sur Albert dock à l’abri de la bruine sous une galerie aux piliers du plus joli orange britannique.  C’est là qu’un panneau indique la « Tate » ; un musée d’art contemporain je crois. Je n’ai jamais prisé les musées. Ils sentent la poussière, le renfermé et le passé. Dans les musées on trouve des statues mutilées, des vénus adipeuses et des peintures représentant des scènes d’un autre temps. Quant aux musées d’art contemporain, je crois qu’ils collectionnent tout ce que l’on peut trouver en matière d’esbroufe et de piège à bourgeois. Béotien de l’art, je dépasse donc le musée sans un regard.